Thèse les Relations Entre Usagers Humains des Bords de Mer et Occupants Non-Humains dans un Espace Protégé quelles Pratiques et quels Enjeux pour la Protection quelle Mesure au Prisme des Analyses H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Lille École doctorale : Sciences économiques, sociales, de l'aménagement et du management Laboratoire de recherche : Centre Lillois d'Études et de Recherches économiques et Sociologiques Direction de la thèse : Hélène MELIN CRAPET Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-09-30T23:59:59 Ce sujet de contrat doctoral s'inscrit dans le cadre du projet ANR RECREAFISH (2026-2030) - Assessing pressures by recreational activities in coastal socio-ecosystems and their impacts on fishes. Ce projet s'intéresse aux activités récréatives qui sont en plein essor dans les socio- écosystèmes côtiers méditerranéens, particulièrement l'été et y compris dans les Aires Marines Protégées (AMP). Cependant l'intensité des diverses activités nautiques (motorisées ou non) et subaquatiques (apnée, plongée) dans les AMP, ainsi que la perception de ces socio- écosystèmes par les usagers, sont rarement quantifiées et mis en corrélation avec l'environnement sonore. De plus, les impacts des activités récréatives sur les poissons, compartiment écologique clé pour les écosystèmes côtiers, sont aussi encore largement méconnus en Méditerranée. C'est ainsi dans le but d'apporter des nouvelles connaissances géographiques, sociologiques, biologiques et écologiques sur les socio-écosystèmes marins que ce projet se déploie (https://anr.fr/Projet-ANR-25-CE32-5005). Pour accompagner le projet ANR RECREAFISH, les membres de l'équipe souhaitent mettre en oeuvre une thèse de doctorat en sciences sociales, bi-disciplinaire géographie-sociologie, afin de mesurer les relations entre usagers humains des bords de mer et occupants non-humains. Il s'agit de comprendre comment interagissent les plagistes, baigneurs et plaisanciers, avec les poissons qui occupent les fonds marins, dans la zone du Parc Naturel Marin du golfe du Lion entre Argèles-sur-Mer et Banyuls-sur-Mer et dans la zone du Parc National de Port-Cros. Quels liens ou quelles distances entre eux ? Les pratiques balnéaires anthropiques prennent-elles en considération la vie des autres vivants (des poissons en particulier) ou est-ce un aspect inconnu des usagers ? Quelles évolutions possibles de règlementations et de ces pratiques pour concilier le « bien-être » des différents habitants des lieux (humains et poissons) ? Il s'agira de pouvoir mesurer les évolutions normatives et les pratiques dans leur dynamique temporelle (quelles évolutions depuis l'avènement des loisirs balnéaires jusqu'à aujourd'hui avec la problématique aigue d'érosion de la biodiversité et d'évolution des peuplements avec le changement climatique), de comprendre quelles sont les connaissances empiriques des espèces et des milieux de la part des usagers et de quelles façons il serait possible de repenser la dichotomie humain/animal (Morin, 2016). D'une part, il convient d'enquêter auprès de plusieurs acteurs : des usagers (habitants permanents, résidents secondaires, vacanciers) pour identifier quelles sont leurs pratiques balnéaires (bronzage, nage, PMT/Palmes-Maque-Tuba, bateau, kayak, etc.) afin de poser un état des lieux des usages anthropiques récréatifs des lieux d'étude ; des gestionnaires, des
services de l'État, etc. pour comprendre les représentations ainsi que le cadre juridique applicable aux problématiques sonores. Cela doit ensuite permettre d'interroger ces usagers quant à leurs connaissances de l'écosystème littoral et marin. Savent-ils comment fonctionne le binôme mer-plage ? connaissent-ils les espèces marines ? Au-delà d'un inventaire des connaissances ou méconnaissances, cela doit servir d'appui pour enquêter sur les liens des usagers humains des lieux aux non-humains et particulièrement aux poissons. Quelles sont les relations des usagers avec les poissons ? y ont-ils réfléchi ? comment envisagent-ils la place de chacun dans ces lieux partagés ? Quels sont les rapports aux normes et à l'espace ? Connaissent-ils les modes de vie des poissons et comment abordent-ils la compatibilité de la co-présence des activités humaines avec celles des poissons ? Pour rendre ce questionnement opérationnel, l'angle d'enquête choisi s'appuiera sur la question sonore appréhendée avec différentes approches. Parmi ces approches, on pense tout d'abord, à la notion de paysage sonore (soundscape) proposée par Murray Schafer (1977) qui permet de s'intéresser à « la relation entre l'homme et son environnement acoustique » pour comprendre les conséquences qui peuvent arriver lorsque ce dernier se modifie. Alors que l'approche par le paysage se fait à une échelle plus globale avec une étude du milieu sonore hi-fi1, l'approche par les situations sonores permet de passer à une échelle plus locale permettant de rendre compte de la teneur low-fi2 de l'environnement sonore concerné par l'analyse. Cette double entrée permet de ne pas exclure de l'analyse les « environnement dans lesquels prévalent la distorsion et l'amplification, le masque et la répétition, le mixage, le brouillage et l'ubiquité » (Thibaud, 2016, p. 150) : cette approche est particulièrement propice pour étudier de zones littorales car elle permet de « se rapporter davantage à la dimension micrologique, ordinaire et circonstancielle de l'expérience sonore » (Thibaud, 2016, p. 151). C'est dans cette optique qu'il s'agit de thématiser l'expérience sonore hic et nunc (ici et maintenant) en la contextualisant pour ne pas disjoindre les signaux acoustiques de l'espace dans lequel ils se propagent, pour les rapporter aux conditions concrètes de leur apparition, aux usages pratiques et sociaux qui les actualisent (Thibaud, 2016, p. 151). Les usagers seront interrogés sur les sons de la plage et de l'eau : quels sons quand on est en bord de mer ? quels sons sous l'eau ? L'expérimentation de ces ambiances sonores peut-il faire parler et / ou faire évoluer la perception des milieux par les usagers humains ainsi que leur pratique ? en particulier, les baigneurs se mettent-ils « à la place » des poissons pour comprendre l'impact des bruits ? Il apparaît ainsi le caractère nécessairement situé (in situ) tant de la production sonore que de l'écoute. Le sonore dans les relations entre usagers humains des bords de mer et occupants non-humains dans un espace protégé devient un élément clef de cette relation et des territorialités partagées multidimensionnelles et « à entendre » qui se produisent (sur l'eau, sous l'eau, bord de mer).
Le terme hi-fi fait référence à l'audio en haute définition pour rendre compte d'un milieu marqué par
une qualité sonore qui peut être captée et reproduite en bonne qualité.
Le terme low-fi fait référence à l'audio de basse fidélité puisque caractérisé par des captations et de
reproduction de moins bonne qualité que le hi-fi dans lequel la « distinctibilité » ou intelligibilité des signaux est donc meilleure (Thibaud, 2016).
La méthodologie du travail de recherche sera affinée par la codirection de thèse mais dans une perspective de méthode mixte (Corbière et Larivière, 2020) devra intégrer :
- un état de l'art : pour interroger les relations entre usagers humains et occupants non-
humains ; pour relativiser la question du bruit, situer les effets des nuisances sonores et placer le bruit dans son contexte (contexte de la lutte administrative, d'émergence de la gêne, des enjeux à propos de l'espace sonore) ; pour appréhender la variété des sons (interprétation de la société par sa production d'espace sonore; représentations différenciées de l'espace sonore) ; pour considérer les milieux sonores avec leurs variantes (disparités temporelles des marques sonores, variations micro et macro selon la configuration de l'espace (bord de mer, sur et sous l'eau), selon les activités, l'éloignement de la source, les modifications acoustiques de l'environnement sonore dues aux conditions climatiques, etc.) ; pour comprendre les composantes relationnelles du socio-écosystème (caractère commun à toutes les composantes et/ou disparités, sens de la législation sur le bruit, les poissons, etc.).
- Une enquête qualitative approfondie est nécessaire pour approcher les pratiques des
usagers, mais surtout leurs connaissances et représentations de l'écosystème littoral, leurs perceptions des habitants non humains (poissons) et de la cohabitation « invisible » entre monde des poissons et mondes des plagistes/baigneurs/plaisanciers. Pour cela, une enquête qualitative de type compréhensive, avec immersion sur le terrain, mise en place de protocoles d'observations et d'entretiens (flottants, non-directifs, semi-directifs) devra être mise en oeuvre. L'utilisation d'outils graphiques, visuels et sonores (photos, dessins, enregistrements sonores) permettra un échange avec les enquêtés au plus près de la réalité du milieu écologique.
- Une enquête quantitative complémentaire doit permettre de recueillir un panel
représentatif de profils d'usagers des lieux et établir une typologie des connaissances des espèces et du milieu. Un intérêt pour les méthodologies innovantes (ethno-photographie, cartographie sensible, ateliers sonores, collaborations artistiques) est demandé. Des déplacements dans et hors région et à l'étranger pourront être nécessaires afin d'effectuer des recherches et des entretiens dans les zones d'étude. Si le travail de thèse est avant tout un exercice de recherche, celui-ci devra également essayer de formuler des recommandations à l'attention des décideurs publics, afin de les éclairer et de proposer des éléments d'analyse participants aux futures décisions publiques. Ainsi, au- delà de la méthodologie développée durant le travail de recherche, la pédagogie des outils de restitution du travail est un enjeu crucial de son appréhension.
Planning prévisionnel du déroulement de la thèse
- Année 1 : état de l'art et problématique ; enquête.
- Année 2 : poursuite des entretiens et de la recherche, réalisation du plan de thèse et
commencement de rédaction.
- Année 3 : rédaction du manuscrit, communication en colloque et rédaction de
publication scientifique
Partie administrative
- École doctorale : SESAM n°73 - Sciences Économiques, Sociales, de l'Aménagement
et du Management [https://edsesam.univ-lille.fr/]
- Résidence administrative : Campus Cité Scientifique - Université de Lille - 59655
Villeneuve d'Ascq Cedex.
- Dates et durée du contrat : 1 décembre 2026 au 30 novembre 2029 ; durée de 36
mois.
- Salaire : 2300 euros brut/mois
- Frais pris en charge par le projet RECREAFISH : missions au Parc National de Port-Cros
et Porquerolles et au Parc Naturel Marin du golfe du Lion dans le cadre du WP1 du projet RECREAFISH.
- Matériel du laboratoire mis à disposition : ordinateur portable ; tablette pour
effectuer du terrain ; enregistreur.
- Encadrement : Hélène Melin (direction) et Mariantonia Lo Prete (co-direction).
Le profil recherché
- Candidat.e de formation sciences sociales : sociologie, anthropologie, géographie,
sciences de l'environnement
- Maitrise des outils d'enquête qualitatifs et quantitatifs
- Capacité d'analyse et de synthèse
- Compétences souhaitées sur les questions environnementales, littorales et maritimes
- Aptitudes : intérêt pour la recherche et l'interdisciplinarité, goût pour le travail en
partenariat avec les acteurs, aptitude à travailler de manière autonome et en équipe.
- Expérience exigée en méthodes qualitatives : entretiens, traitements et analyse
- Aisance rédactionnelle (mémoires, rapports, articles)
- Niveau anglais : intermédiaire minimum pour l'oral et l'écrit
- Mobilité : plusieurs semaines sur les zones d'études
- Permis B exigé
- Capacité d'accompagner les usagers en milieu marin : snorkelling à minima pour le
milieu sous-marin et capacité à faire des entretiens sur un bateau.
sciences de l'environnement
- Maitrise des outils d'enquête qualitatifs et quantitatifs
- Capacité d'analyse et de synthèse
- Compétences souhaitées sur les questions environnementales, littorales et maritimes
- Aptitudes : intérêt pour la recherche et l'interdisciplinarité, goût pour le travail en
partenariat avec les acteurs, aptitude à travailler de manière autonome et en équipe.
- Expérience exigée en méthodes qualitatives : entretiens, traitements et analyse
- Aisance rédactionnelle (mémoires, rapports, articles)
- Niveau anglais : intermédiaire minimum pour l'oral et l'écrit
- Mobilité : plusieurs semaines sur les zones d'études
- Permis B exigé
- Capacité d'accompagner les usagers en milieu marin : snorkelling à minima pour le
milieu sous-marin et capacité à faire des entretiens sur un bateau.
Compétences requises
- Anglais
- Cartographie
- Esprit d'analyse